Les animaux de la Seconde Guerre mondiale
- Larissa Rahelison
- 27 oct. 2024
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 févr.

Les champs de bataille ont emporté de nombreuses âmes durant la Seconde Guerre mondiale, ancrant l’image de millions d’êtres humains dans le cœur des nations. Ces mêmes individus, ayant affronté un destin effroyable, ont été accompagnés par des alliés et soldats aux aspects physiques éloignés de l’Homme : les animaux. Aux côtés des humains, ils ont été des pions essentiels et de loyaux compagnons durant ce temps de conflit, aussi bien pour les civils en danger que pour les soldats envoyés sur des terrains sanglants.
Des millions d’animaux dans l’ombre de millions d’Hommes
Au total, 60 millions d’êtres humains ont perdu la vie de 1939 à 1945, un nombre sinistre confirmant que ce conflit mondial fut le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.
Ces pertes humaines ne sont pas les seules à avoir péri au cours de cette guerre. Dans l’ombre de ces hommes disparus se cachaient des animaux. Ces derniers ont également payé un lourd tribut. En effet, suite à l’arrivée d’Hitler au pouvoir, 30 millions d’animaux meurent aux côtés des armées et de civils étendus sur différents pays, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.
Des créatures volantes et à quatre pattes engagées pour des participations primordiales
La Seconde Guerre mondiale s’est divisée en plusieurs événements. Parmi ces derniers, de nombreux animaux se sont engagés aux côtés des hommes durant les périodes les plus menaçantes de l’Histoire.
À quatre pattes ou à deux ailes, ces loyaux sauveteurs ont accompli des rôles exceptionnels pour des tâches et missions fondamentaux, à la fois pour les civils et pour les soldats, notamment le transport des civils et des marchandises, la fonction de messager du ciel, le sauveteur au cœur des décombres, les démineurs, les kamikazes.
Les bêtes les plus sollicitées en ce temps de guerre ont principalement été les équidés, les chiens et les oiseaux. En effet, chaque civil et armée ont misé sur des animaux suivant leurs habiletés les plus marquantes pouvant être favorables pour des tâches civiques et missions militaires.
Le cercle des équidés : un fragment capital pour les civils
Dès les premiers signes de conflit de la Seconde Guerre mondiale, suivant les invasions du parti ennemi contrôlé par Hitler en 1939, la Pologne se tourne sur sa cavalerie pour faire face à leurs adversaires. Cependant, les équipements allemands, essentiellement des lanciers envoyés au front, sont bien plus puissants. Cela résulte à une perte considérable du côté de l’armée polonaise, de même que leurs destriers durant la bataille.
À la suite de ces conséquences désastreuses, et cela, dès le début de la guerre, les hommes ont décidé de retirer les équidés loin des scènes de combat et de les solliciter pour des rôles civiques. Majoritairement des bovins et des mules, ces bêtes seront prises en charge pour les transports de civils et de marchandises.

Les “chiens soldats” : les bras droits des militaires
Bien que les équidés ont été désavantageux dans les champs de bataille, bon nombre de chiens ont été présents aux côtés des soldats. Aussi appelés les "chiens soldats”, ces loyaux compagnons ont été les bras droits de nombreux militaires. La plupart d’entre eux ont joué divers rôles suivant les missions préparées durant la Seconde Guerre mondiale. Tout comme leurs alliés bipèdes, certains chiens ont été équipés de combinaisons ainsi que de masques afin de les protéger des dangers mortels.
L’armée allemande a profondément sollicité le cercle des canins durant leurs missions. Des milliers de chiens ont suivi des soldats allemands contre une centaine de compagnons à quatre pattes aux côtés des Français.
Bien que les chiens soldats ont été perçus comme des camarades à fourrure aux yeux de bon nombre de soldats, certains ont été exploités à des fins austères, notamment pour des missions impliquant les explosifs. En effet, les Soviétiques ont essentiellement contribué à l’utilisation de leurs chiens soldats pour les envoyer sous des chars ennemis et les faire exploser sacrifiant au passage leur vie. Ces soldats à quatre pattes sont aussi appelés des “chiens suicides”.
Les messagers volants de la guerre : les pigeons voyageurs
Tandis que les animaux terrestres se chargeaient des tâches au sol, principalement importantes sur le sol russe et allemand, du côté de la Manche, les créatures volantes ont reçu un rôle qu’elles seules pouvaient accomplir : les missions aériennes.
Redoutant les espions ennemis pouvant être présents sur les écoutes par radio entre Alliés, plusieurs services secrets, principalement les anglais, ont mis en place des pigeons dressés afin de transmettre des renseignements importants à distance. Grâce aux éleveurs amateurs, près de 200 000 oiseaux ont servi auprès des forces militaires britanniques.

Des bêtes reconnues et honorées dans l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale
De nombreuses pertes humaines portent l’anonymat à ce jour. Cela s’adresse également aux animaux qui furent fortement présents durant ce temps de guerre. La grande majorité d’entre eux ont connu un destin effroyable dans lequel ils ont été impliqués dans des différends qui ne les concernaient pas, mais également dans des batailles où ils ont été exploités par l’Homme.
Les actualités cinématographiques ont toutefois permis à un certain nombre de ces bêtes de connaître la notoriété dans les mémoires de la Seconde Guerre mondiale.
Butch O’Brian : épagneul marin des États-Unis
L’épagneul Butch O’Brian fut l’une des mascottes emblématiques de la marine des États-Unis. Cette photographie montre le soldat à quatre pattes à bord de son navire naviguant dans la mer du Japon en 1944.
Il est dit que le bel épagneul prenait son rôle de marin très au sérieux et privilégiait la sécurité à bord du navire, d’où le port du gilet de sauvetage fermement attaché à son corps.
Blondi : une “pureté raciale” canine
L’ombre d’Hitler, Blondi, une femelle Berger Allemand, était l’animal de compagnie du Führer de 1941 à 1945. Un amoureux des animaux, il éprouvait une grande affection envers sa chienne, voire bien plus que sa propre compagne, Eva Braun. Hitler se montrait bien plus démonstratif auprès de Blondi. Il l'embrassait et lui faisait ouvertement des câlins en public.
L’obsession d’Hitler pour la “pureté raciale” s’appliquait non seulement sur les êtres humains, mais également sur les chiens. De ce fait, il privilégiait tout particulièrement les Bergers Allemands.
Néanmoins, les méthodes d’éducation du Führer envers ses animaux, dont Blondi, étaient parfois violentes. Il n'hésitait pas à la battre si celle-ci devenait désobéissante.
Le sort de Blondi fut également brutal. Alors que l’effondrement du régime nazi arrivait à sa fin en avril et mai 1945, Hitler, son épouse Eva Braun ainsi que leurs chiens, dont Blondi, furent retranchés dans leur Bunker à Berlin. La chienne rendit son dernier souffle le 29 avril 1945, après que son propriétaire lui administra une de ses capsules de cyanure.

L’alliance “humain-animal” : un soutien mutuel émouvant pour la survie
La pression constante en temps de guerre a répandu une peur pesante dans le cœur des hommes. Bien que la camaraderie entre humains fut une force temporaire afin de combattre l’ennemi et de survivre physiquement et psychologiquement dans un environnement de violences, de nombreux soldats et civils ont adopté des animaux, aussi bien en tant que soldats, mais également en tant qu’animaux de compagnie.
Des armées à travers le monde ont accueilli dans leurs escouades, compagnies et navires des mascottes volantes et à quatre pattes principalement pour combattre à leurs côtés, mais également pour leur porter chance. En effet, pour certaines nations, la présence d’un animal, symbole d’innocence, pouvait être un réconfort chaleureux et un signe de protection et d’espoir pour les hommes.
Pour les animaux, l’omniprésence des êtres humains à leurs côtés était un miracle et une survie sur les champs de bataille brutaux en ces temps de conflit.